Le TJM, c’est la toute première décision financière que tu vas devoir prendre en tant que freelance. Et c’est souvent celle qu’on prépare le moins bien.
Trop bas, il fragilise ton activité dès le départ. Trop haut sans argument solide pour le défendre, il ferme des portes avant même que tu aies pu discuter avec un client. Voici une méthode simple pour fixer un tarif juste, rentable, et cohérent avec ton marché.
Le TJM, c’est le prix d’une journée de ton travail facturée à un client. Multiplié par ton nombre de jours travaillés dans l’année, il détermine ton chiffre d’affaires brut, et donc ce que tu ramènes réellement chez toi chaque mois.
Un TJM mal calibré, ça ne se rattrape pas facilement. Si tu démarres trop bas, tu crées un précédent avec tes premiers clients, tu peines à couvrir tes charges, et tu t’installes dans une spirale où il faut travailler toujours plus pour gagner pareil. À l’inverse, un TJM que tu n’arrives pas à justifier face à un client peut te faire p
Il n’existe pas de tarif universel. Ton TJM dépend de plusieurs critères qui se combinent entre eux.
Un développeur fullstack généraliste et un architecte cloud AWS ne se positionnent pas au même niveau, même avec une expérience comparable. Plus tu es spécialisé, plus tu peux viser haut.
Quelques années en entreprise ne suffisent pas toujours à justifier un TJM senior. Ce qui compte vraiment, c’est ta capacité à produire de la valeur rapidement, en autonomie, avec un minimum de cadrage de la part du client.
Une grande entreprise du CAC 40 applique des grilles de tarifs plus élevées qu’une PME ou une startup. Et si tu passes par une ESN qui t’intermédie, il faut aussi intégrer sa marge dans ta réflexion.
Une mission courte, de quelques semaines, justifie souvent un TJM plus élevé qu’une mission longue de six mois : moins de risque pour le client, plus de sécurité pour toi.
Paris et l’Île-de-France affichent des tarifs sensiblement supérieurs à la province, même pour des missions 100 % remote. Le marché de référence reste souvent géographique.
Plutôt que de partir du marché en espérant tomber juste, pars de tes besoins réels.
Étape 1 : fixe ton objectif de revenu net mensuel : Ce que tu veux percevoir chaque mois, une fois les charges et les impôts déduits. Exemple : 4 000 € net.
Étape 2 : estime ton nombre de jours facturables réels : Sur 12 mois, retire les congés (environ 5 semaines), les jours de prospection, l’administratif, et les périodes d’intercontrat. Un freelance actif facture rarement plus de 200 à 210 jours par an, soit environ 17 jours par mois.
Étape 3 : intègre tes charges : Cotisations sociales, mutuelle, prévoyance, frais de fonctionnement, expert-comptable, outils… Que tu sois en micro-entreprise ou en portage salarial, le taux de charges varie, mais compte globalement que ton TJM brut doit représenter 2 à 2,5 fois ton objectif de revenu net journalier.
Un exemple concret :
Avec un objectif de 4 000 € net par mois et 17 jours facturables, ton revenu net journalier cible tourne autour de 235 €. En appliquant un coefficient de charges de 2,2, ton TJM de référence se situe aux alentours de 520 €/jour.
C’est celui que tu oses annoncer sans trop te justifier. Il est souvent trop bas, dicté par la peur de perdre la mission.
C’est celui que tu viens de calculer : celui en dessous duquel tu travailles à perte ou à flux tendu.
C’est la fourchette pratiquée par des profils comparables au tien, dans ton secteur et ta région.
L’objectif, c’est de trouver le point d’intersection entre ces trois réalités. Si ton tarif rentable sort du marché, c’est un signal : soit tes charges sont trop élevées, soit ton positionnement mérite d’être revu à la hausse grâce à une spécialisation plus affirmée.
Ces fourchettes sont indicatives et varient selon la région, le secteur et ton niveau réel d’autonomie :
Plus ton profil est spécialisé sur un outil, une industrie ou une problématique précise, plus tu peux te rapprocher du haut de la fourchette.
Les TJM affichés sur les réseaux sont souvent des plafonds, pas des moyennes. Ils ne tiennent pas compte de ta situation individuelle, de ton niveau réel ou du contexte de la mission.
Beaucoup de freelances calculent leur TJM sur 20 jours travaillés par mois, sans intégrer les congés, l’intercontrat et les jours non facturés. C’est le meilleur moyen de te retrouver à court en fin d’année.
Face à une hésitation du client, le réflexe de baisser est souvent contre-productif. Un client qui hésite sur le tarif hésite souvent sur autre chose. Apprends à défendre ta valeur avant de toucher à ton TJM.
Un TJM se révise, idéalement chaque année ou à chaque nouvelle mission. L’expérience que tu acquiers, les certifications que tu obtiens et l’évolution du marché justifient des ajustements réguliers à la hausse.
Quand tu démarres, le portage salarial a un avantage concret : la structure des charges est différente de la micro-entreprise ou de la SASU, et surtout, tu peux la vérifier avant de te lancer. La société de portage te permet de faire une simulation précise : pour un TJM donné et un nombre de jours facturés estimé, tu vois exactement quel salaire net tu peux percevoir chaque mois, une fois les cotisations, les frais de gestion et les charges patronales déduits.
C’est un vrai outil de décision, qui t’évite de fixer ton TJM au doigt mouillé et de découvrir trois mois plus tard que l’équation ne tient pas.
Ces simulations te donnent un cadre, mais ta situation est unique. Le TJM visé, ton secteur d’activité, ton nombre de jours facturables, les frais professionnels à optimiser : autant de paramètres qui font varier le résultat.
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